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  • Photo du rédacteurChloé Cambou

Comprendre et diminuer son stress quand on est hypersensible.



Le stress ? Un véritable fléau que tout le monde tente d’éradiquer ! Mais comment faire lorsqu’en tant que hypersensible l’on capte plus de choix, que l’on perçoit d’infimes subtilités de notre environnement au quotidien pour gérer ce stress qui nous envahit ?


Qu'est-ce que le stress ?


Le stress est avant tout une émotion naturelle. Cet état est réveillé par un élément déclencheur qui est passager. Il permet à l’être humain de s’adapter à la situation vécue sur le moment et à le remettre dans un certain équilibre.


Il se diffère de l'anxiété et de l'angoisse par sa durée et son intensité. L'anxiété est un état de fond qui est ressenti en anticipation d'une situation, engendrant des tensions physiques corporelles (pour réagir au plus tôt si une menace réelle se produisait). L'angoisse, elle, est un niveau plus élevé que l'anxiété (oppression, maux d'estomac, vertiges...), et se manifeste lorsque la situation anticipée est associée comme étant douloureuse ou hors de contrôle.


La situation stressante


Une situation stressante est caractérisée par les critères ci-dessous :

- L’absence de contrôle - L’imprévisibilité - La nouveauté - Une menace de l’égo.


Plus il y a de critères présents dans la situation, plus celle-ci est vécue comme stressante.


Manifestations corporelles du stress


Le système nerveux autonome, dirigé par le système nerveux périphérique, contrôle les systèmes nerveux orthosympathique, parasympathique et entérique.

Le stress entraîne une hyperactivité du système nerveux orthosympathique. Concrètement, le cœur accélère, les pupilles se dilatent, la pression artérielle augmente, on devient pâle, le péristaltisme intestinal ralentit. De l’adrénaline et de la noradrénaline sont libérées.


Lors de la perception d’un élément stressant, le corps réagit en 3 temps distincts : la phase d’alarme, la phase de résistance ou d’adaptation puis la phase d’épuisement si l’adaptation n’a pas abouti à une action suffisamment efficace.


La phase d’alarme permet en premier lieu d’évaluer la situation suite à la perception du stimulus : ressenti, analyse de l’environnement dans lequel nous sommes et évaluation de nos capacités et moyens d’adaptations sur le moment présent. Elle permet ensuite de préparer le corps à réagir : libération de noradrénaline pour stimuler les sens, la concentration et libération d’adrénaline pour nous préparer à une action physique rapide.


La phase de résistance ou d’adaptation permet d’abord l’activation de l’organisme. Ensuite elle permet de nous préserver de l’épuisement en compensant les dépenses : le cortisol libéré favorise la transformation des graisses en sucres, sodium et potassium, l’aldostérone libérée augmente la tension artérielle et maintient un niveau de glucose élevé dans le foie, la dopamine permet le maintien de l’attention et la sérotonine régule l’humeur et favorise le sommeil. Lors de cette phase, l’individu peut adopter une stratégie active : il résout le problème en éliminant la source de stress ou en modifiant la situation (priorisation, organisation, du temps, demande d’aide, rester éveillé la nuit pour réviser…). Sinon, il adopte une stratégie passive : il fait des efforts pour réduire ou éliminer les émotions engendrées par le stress (rumination, colère, éviction du problème, parler à son meilleur ami…)

Selon les résultats de la stratégie mise en place lors de la phase de résistance, 3 résultats en découleront : - Soit l’action est efficace, alors le corps retourne à un état d’équilibre homéostatique et entraîne fatigue et faim pour restaurer le taux de sucre qui a été mobilisé. Soit l’action est inefficace ou partiellement efficace et le corps passe en mode survie avant de retourner en phase d’adaptation. - Soit il n’y a pas d’action effectuées, alors le taux de cortisol augmente et engendre de nombreux déséquilibres (digestifs, sommeil, irritabilité, dermatoses, troubles de mémoire...) avant de passer en phase d’épuisement si on ne réagit pas.


La phase d’épuisement correspond à un déséquilibre avéré avec manque de réserves de l’organisme qui est en souffrance. C’est à ce moment-là que des pathologies se déclarent : burn-out, dépression, maladies virales…

Suite à la gestion d’un stress, l’organisme va garder en mémoire le résultat de l’action.

  • Si la réaction d’adaptation n’a donné qu’un résultat négatif ayant mené à une douleur ou punition, l’organisme retiendra que la prochaine fois l’action devra être inhibée. Malheureusement, le stress d’inhibition conduit à une angoisse dans tous les cas…celle-ci, mal supportée, sera compensée par une action inefficace (sport, agressivité, toxicomanie, névrose, maladies…)

  • Si la réaction d’adaptation a donné un résultat positif ayant apporté du plaisir ou une récompense, l’organisme retiendra que face au même stress il sera bénéfique de déclencher l’action


Particularités au niveau cérébral des personnes hypersensibles


L’amygdale, participant à la génération d’émotions fortes, a un seuil de détection plus bas des sensations internes et externes que celle des personnes neurotypiques.


Les régions de l’empathie, de la conscience de soi et des autres sont également plus développées et particulièrement alertes.


L’hippocampe est aussi très efficient, améliorant l’analyse contextuelle, l’apprentissage, le discernement, la mémoire épisodique et la modulation émotionnelle.


Les personnes hypersensibles possèdent un taux plus faible de sérotonine dans le corps. La sérotonine est un neurotransmetteur du système nerveux central ayant pour rôle de provoquer une sensation de bien-être dans le corps. Elle régule notamment l’appétit, la douleur, l’humeur, la thermorégulation, la libido et le sommeil. Présente dans la muqueuse intestinale, elle dérive du tryptophane, acide aminé présent surtout dans les aliments riches en protéines, vitamines B et magnésium. Un manque de sérotonine peut causer des dépressions. La sécrétion de sérotonine est aussi en lien avec celle d’ocytocine, de dopamine et d’endorphines.


Les conséquences du stress sur le corps


L’augmentation du taux de cortisol entraîne un risque de syndrome métabolique et une augmentation de la faim. Les sujets sont donc plus à risque de développer une obésité viscérale, un diabète de type II, des maladies cardiovasculaires ou de faire un accident vasculaire cérébral.


Le sommeil peut être fortement perturbé par l’hypersécrétion de cortisol. Ce manque de sommeil peut avoir de nombreuses répercussions, notamment une prise de poids (augmentation du taux de ghréline qui stimule l’appétit et diminution du taux de leptine qui induit la satiété), des difficultés de mémorisation, apprentissage et concentration, un manque de récupération physique et psychologique de l’organisme et donc des maladies métaboliques.


Des troubles digestifs peuvent se manifester (axe cerveau-intestin). La libération de cytokines pro-inflammatoires digestives peut induire des maladies inflammatoires chroniques intestinales (maladie de Crohn ou rectocolite chronique hémorragique) ou des ulcères par fragilité de la muqueuse gastrique.


Des troubles musculo-squelettiques comme des tensions dorsales peuvent être ressentis.


Des troubles de l’immunité sont fréquemment constatés : infections récidivantes, maladies auto-immunes, cancers…En effet le cortisol a pour effet la destruction du thymus, petite glande chargée de produire et libérer les lymphocytes T (cellules immunitaires). La muqueuse et la flore intestinale assurant 80% de l’immunité en temps normal sont également affaiblies par l’inflammation.


Enfin, des troubles psychologiques ou psychiatriques peuvent se manifester telles qu’une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété, de l’agitation, une irritabilité, colère, agressivité… L’inhibition de sérotonine et de dopamine peut engendrer une dépression. La compensation des émotions négatives peut entraîner des troubles du comportement alimentaire.


En résumé


Pas de panique si tu as tendance à souvent stresser. Le stress est une émotion naturelle. Le meilleur moyen de diminuer son stress est d'apprendre à se connaître et se comprendre pour décrypter les messages de son corps et adopter au mieux son comportement face à la situation.

C'est un sujet que l'on aborde dans la gestion des émotions après avoir appris à se connaitre dans mon accompagnement de coaching individuel "Ecris ta vie".



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